vendredi 5 mai 2023

C'est quoi ce parking derrière le musée ?

 

(photo extraite du site capotesanglaises.club)

Chaque mois se rassemblent “sur le parking derrière le musée“ les voitures anciennes du club des Capotes Anglaises. Au cours de ces « Rencontres du Kiosque », ces messieurs (peu de dames) exposent les belles carrosseries de leurs véhicules millésimés, précisément sur les lieux où s’élevait, avant la Révolution française, la première église Saint-Nicolas de Valenciennes[1]. Car cet endroit n’a pas toujours été un parking, tant s’en faut.

 

Du temps de l’église Saint-Nicolas, c’était une place située contre le rempart ; devant elle, la Place Verte était le triangle qui “descend“ vers le centre-ville, et un plan de 1767 intitule « Place Saint-Nicolas » celle qui se trouve devant le Mont-de-Piété.

 

(document personnel)

Après la disparition de l’église dans un formidable incendie en 1793, les décombres sont restés sur place plusieurs années. En février 1805 seulement, le maire (Benoit aîné) se félicite : « Depuis longtemps l’on gémissait sur les débris qui couvraient la place de St Nicolas ; grâce aux soins attentifs d’un citoyen de cette ville, ces ruines hideuses ont disparu et le Cirque Napoléon fera douter par la suite si cette place, foyer de l’horrible bombardement de cette ville, en a été frappée[2]. » Si le nom de Napoléon apparaît, c’est parce que la municipalité saisit toutes les occasions de rendre hommage au premier Empereur des Français, dont le sacre s’est déroulé l’année précédente. Mais plutôt que “Cirque“, on gardera le nom de “Place“. C’est en 1805 également que cette Place Napoléon recevra ses premières plantations d’arbres, des tilleuls – dont les fleurs seront récoltées et mises en adjudication auprès des pharmaciens de la ville, rien ne se perd ! Et en avril 1805 toujours, sera construit le “Salon Chinois“ à la demande et aux frais d’un certain Monsieur Simonard père, qui devra payer un loyer de six francs l’année pour l’emplacement[3].

 

Une vue de ce qui fut le "Salon Chinois", début XXe siècle
(Bibliothèque municipale de Valenciennes)

Ce “Salon Chinois“ connaîtra une longue vie. Il fut café, puis estaminet, puis salle de bal fréquentée par la meilleure société valenciennoise, mais changeant de propriétaires au fil du temps et frisant parfois la fermeture pour des peccadilles. La presse relate ainsi un incident en 1835[4] : une loi de Frimaire an 5 (novembre 1796) établissait un droit « d’un décime par franc sur les billets d’entrée aux spectacles, concerts, bals, etc. » en faveur des hospices de Valenciennes ; or les propriétaires des lieux, lors de la préparation d’un bal, refusèrent de laisser percevoir ce dixième. Les hospices ont cédé, mais les danseurs ont eu tellement peur d’être privés de leur amusement qu’ils cherchèrent une autre salle pour leurs ébats, moins titilleuse sur les taxes… En 1818, durant leurs mois d’occupation, les Anglais très amateurs de musique firent agrandir la salle. En 1841, le “Salon Chinois“ faillit disparaître corps et bien, l’armée ayant décidé de construire un magasin à poudre sur la place ! L’affaire est allée jusqu’au tribunal, et la salle de bal fut sauvée grâce à un échange de terrains. En 1899 enfin, le bail en cours étant arrivé à son terme, la ville choisit le “Salon Chinois“ pour y installer les sculptures offertes par le sculpteur Gustave Crauk, transformant ainsi les lieux en “Musée Crauk“[5]. Le bâtiment a fini par disparaître durant la deuxième guerre mondiale.

 

Au passage, j’ajoute que Gustave Crauk est l’auteur de la statue fièrement posée en haut de sa colonne, sur la “petite Place Verte“. Elle représente la défense de Valenciennes en 1793, époque où la ville connut un siège meurtrier et où l’ancienne église Saint-Nicolas fut bombardée. Cette colonne fut inaugurée en mai 1902.

 

La colonne de la défense
(Bibliothèque municipale de Valenciennes)

Je reviens à la Place Napoléon. Elle reçoit en 1810 « un accroissement », un terrain dont la ville fait l’acquisition, qui « longe la terrasse dite des Capucins », et qui est donc « ajouté à cette belle promenade » (c’est aujourd’hui l’emplacement du collège Watteau). Cette Place Napoléon plantée d’arbres est en effet, non pas un jardin, mais une promenade aux allées ombragées, qu’on peut imaginer retentissant de chants d’oiseaux et de gazouillis d’enfants, un havre de paix qui enchante les habitants. C’est la seule promenade de toute la ville enfermée dans ses remparts !

 

Le n°9 sur ce plan de 1845 est le "Salon Chinois"
(plan extrait du blog michel.blas.free.fr)

Changement de nom en 1815 : Napoléon Ier n’est plus, Louis XVIII a pris possession de son trône, la place prend le nom de Cours Bourbon. C’est sur ce Cours Bourbon qu’ont lieu toutes les festivités organisées par la municipalité pour célébrer toute sorte de commémorations. L’anniversaire du Roi : concours de jeu de balle ; fête patronale et foire de la ville de Valenciennes : concours de jeu de balle ouvert aux joueurs des communes voisines, « tant françaises qu’étrangères », et de tir à l’arbalète ; fête de la Saint-Louis, fête du Roi : tir d’un feu d’artifice ; fêtes du sacre de Charles X : concours de jeu de balle, puis « le cours Bourbon sera illuminé : un orchestre y sera établi. Les danses commenceront à dix heures et finiront à minuit. Des corps de musique se feront entendre dans les intervalles[6]. »

 

Ce jeu de balle, dont il est question à multiples reprises, se joue sur cette place depuis très longtemps, sans qu’aucune date soit donnée par les chroniqueurs, et sans qu’il soit possible de comprendre où, parmi les arbres, ce jeu se pratiquait puisque, si l’on en juge sur la carte postale ci-dessous (datée du début du XXe siècle, sans doute), il fallait disposer d’un terrain de bonne taille.

 

Jeu de balle sur la Place Verte
(image extraite de Wikimédia)

En 1830, Louis-Philippe succède à Charles X, les Bourbon sortent de scène. En 1831 donc, le Cours Bourbon reprend son nom de Place Verte. Désormais, d’ailleurs, on appellera « Place Verte » l’emplacement où se trouvait l’église Saint-Nicolas disparue, celui près du Mont-de-Piété, et le triangle vers le centre-ville.

 

En 1850 eut lieu un événement magnifique : le célèbre aérostier Monsieur Godard et sa fille effectuèrent, au départ de la Place Verte, une ascension dans leur ballon « Ville de Bordeaux » gonflé au gaz d’éclairage. Leur voyage s’acheva à Raismes. La foule fut considérable, juchée sur le rempart, pour assister à cet envol couronné de succès.

 

Eugène Godard, 1827-1890
(image extraite du blog foubert.centerblog.net)

Difficile de comprendre si la promenade tant prisée des Valenciennois, et qui persiste au fil des années, est bien ou peu entretenue. Le 28 août 1832, un lecteur du Courrier du Nord envoie à son journal une lettre où il manque s’étrangler : « Jugez de ma stupéfaction lorsque je vis hier dimanche cinq ou six gendarmes faire piaffer leurs énormes chevaux sur les derniers restes de gazon qui végètent encore là, comme d’anciens souvenirs, aux quatre coins de la promenade ! » Il poursuit : « Dire qu’on n’a à Valenciennes qu’une seule promenade un peu propre, et ne pouvoir s’y promener sans risque de sentir un pied de cheval s’appuyer sur le vôtre ! ». Alors : gazon qui végète ou promenade propre ?

 

Ce « promeneur vexé », comme il s’auto-proclame, conclut en souhaitant échanger sa promenade contre celle des fortifications, que les militaires interdisent aux civils. Au passage il salue cette autorité militaire « pour la complaisance qu’elle a d’attirer presque tous les soirs, par d’excellents morceaux de musique, une foule de dames dans cette promenade[7]. » En effet, c’est sur la Place Verte qu’ont lieu les concerts militaires, avec ou sans kiosque à musique. Le kiosque que nous connaissons actuellement n’est pas le premier. Selon le site internet Hainautpedia.fr, celui-ci a été construit dans les années 1880, « après qu’un kiosque plus ancien a été condamné puis détruit et remplacé par une estrade temporaire. »

 

Musique militaire sur le kiosque
(image extraite du site hainautpedia.vallibre.fr)

Le 9 mai 1848, le journal L’Echo de la Frontière annonce que « depuis dimanche la musique du 34régiment de ligne exécute des morceaux d’harmonie de 3 à 5 heures après midi sur la rotonde de la Place Verte. » Cette rotonde est-elle un kiosque ?

 

En 1877, un autre lecteur du Courrier du Nord écrit au journal pour « voir les deux places Vertes transformées en jardin dessiné de façon à permettre de donner encore sur la grande place Verte ces jolies fêtes de nuit si appréciées. » Il réclame également « un kiosque bien situé, intelligemment compris au double point de vue musical et architectural, qui viendrait remplacer cette affreuse baraque de sapin qu’on y voit aujourd’hui[8]. » En 1862, le même journal se félicitait dans ses colonnes de la décision du conseil municipal de faire entreprendre des travaux pour « rajeunir la promenade » « très négligée ces dernières années » ; « tout sera prêt, ajoute le journal avec satisfaction, lorsque les beaux jours permettront à nos excellentes musiques de se faire entendre de nouveau[9]. »

 

Savent-ils, ces Valenciennois de la seconde moitié du XIXe siècle, que leurs édiles avaient choisi, en 1835, le site de la Place Verte pour y édifier une nouvelle église ? Et qu’à nouveau, en 1845, ils avaient choisi la Place Verte pour y construire cette fois un nouveau beffroi (l’ancien s’était écroulé en 1843), ajoutant qu’il serait mieux de « joindre ce beffroi à une église que l’on construirait pour la paroisse Notre-Dame[10] » ? Projets heureusement abandonnés, d’autant qu’en 1837 des travaux avaient fortuitement découvert l’existence de galeries souterraines dans ce quartier, dues à l’extraction des pierres blanches nécessaires aux constructions alentours.

En 1866, c’est une expérience d’un autre ordre qui est tentée : à cause de l’arrivée d’un cirque de grande taille, le marché qui se tenait habituellement sur la place des Récollets serait installé Place Verte. Mais cette expérience ne fut pas concluante. D’abord, aucun café, aucun commerce ne se trouvant autour de la Place Verte, ne peut abriter vendeurs ni marchandises en cas de pluie. Ensuite, les piétinements de la foule sur les allées trempées par la pluie transforment la place en marécage. Enfin, la Place Verte n’est pas très centrale, et trop éloignée des quartiers “populeux et ouvriers“ qui fournissent la principale clientèle.

 

Enfin – et l’information date de janvier 1893 mais on dirait un poisson d’avril – l’un de nos concitoyens, Laurent Fortier, architecte, qui a étudié le projet de près, propose de faire construire la gare de chemin de fer sur la Place Verte. Je vous fais grâce de ses arguments, qu’il expose largement dans L’Echo de la Frontière daté du 7 janvier 1893. Nous savons, nous gens du XXIe siècle, que c’est en définitive le musée qui sera construit à cet emplacement (les gens du XIXe l’espéraient vivement).

 

Les initiatives qui emportent largement l’adhésion de la population sont les expositions d’horticulture : « la stérile terrasse que nous connaissons, écrit Le Courrier du Nord le 5 juin 1887, a été transformée en un jardin fleuri et ravissant. »

C’est peut-être ce qui a conduit l’un de nos maires, Jean-Louis Borloo, un siècle plus tard, à lancer un concours pour la réalisation d’un jardin sur la Place Verte, derrière le musée (délibération du conseil municipal du 31 mars 1992). A l’époque, Philippe Beaussart, directeur du Service archéologique municipal, s’enchante de ce projet qui va « mettre en valeur » les vestiges de l’église Saint-Nicolas tout juste mis à jour. C’est l’agence de Gilles Noyon, d’Ardres dans le Pas-de-Calais, qui emporte le marché, parmi 29 propositions reçues. Gilles Noyon précise[11]qu’il ne s’agissait pour lui que de donner un plan général, les grandes lignes d’une idée, mais qu’on ne le chargeait pas de réaliser le jardin. Son plan détaillé figure dans les Archives municipales :

 

Le projet de Gilles Noyon en 1992
(Archives municipales de Valenciennes)

Il dessine une grande allée pavée, cloutée de bornes lumineuses et bordée d’un fil d’eau, qui organise tout l’espace, rien d’autre que de la pelouse, pas de buissons mais des arbres de haut jet, et des allées sablées. « Le champ de fouilles dans son écrin de verdure, balisé de jalons, est la porte du parc sur la chaussée pavée. » 

Le conseil municipal donne son accord, et en mars 1995 ont lieu des travaux de création d’allées et de nivellement, et d’apport de terre végétale. En avril suivant, on remet en état l’aire de pétanque – les joueurs de pétanque et de boule lyonnaise avaient été délogés de la place sans autre forme de procès.

Dix ans plus tard, nouvelle délibération municipale : le conseil souhaite lancer un concours pour la réalisation d’un jardin Place Verte, parce que « si les abords immédiats du musée ont été rénovés, la Place Verte et le jardin du Musée n’ont pas fait l’objet d’aménagement[12]. Faut-il comprendre que le projet de Gilles Noyon n’a pas eu d’autre suite que les travaux de nivellement ? Le conseil désire aussi installer le marché de la Place d’Armes sur la Place Verte, à cause de l’arrivée du tramway dans le centre ville et pour bénéficier de la proximité des boulevards. Donc, lancement d’un nouveau concours.

Mais le 30 janvier 2003 (le maire est à présent Dominique Riquet), le concours est annulé « pour ne pas entraver le planning prévisionnel des travaux du tramway sur la Place d’Armes ». Ce sont les services municipaux qui vont dessiner le nouvel aménagement.

 


 

Deux vues du projet d'aménagement de 2003
(Archives municipales de Valenciennes)


On commence à reconnaître, sur ces dessins et cette maquette, notre « parking derrière le musée ». Le service d’archéologie municipale doit être déçu que les vestiges de l’église Saint-Nicolas ne soient pas plus visibles ni mieux signalés. La voiture a pris le dessus, sur les pelouses, sur les arbres de haut jet, même sur le marché qui ne se tient là que le samedi matin. A chaque époque ses priorités !

 

Aujourd'hui, le "parking derrière le musée"
(image extraite du site commune-mairie.fr)

 



[1] Voir dans ce blog mon article « Pourquoi ces marches au milieu de la place ? », publié en avril 2023.

[2] Délibération du 25 Pluviôse an 13.

[3] Délibération du 11 Germinal an 13.

[4] L’Echo de la Frontière, 17 décembre 1835

[5] L’histoire du Musée Crauk est racontée en détails par Marc Gouttière sur le blog des Amis du Musée de Valenciennes : http://blogamv.canalblog.com/archives/2016/08/19/34175650.html

[6] Petites Affiches de Valenciennes, 15 juin 1825.

[7] Le Courrier du Nord, 28 août 1832.

[8] Le Courrier du Nord, 14 septembre 1877.

[9] Le Courrier du Nord, 29 janvier 1862.

[10] L’Echo de la Frontière, 20 mars 1845.

[11] Conversation téléphonique du 16 mars 2023.

[12] Délibération du 10 juillet 2002.


samedi 29 avril 2023

Philippine est-elle la première Rosière ?

On déniche dans les registres des délibérations municipales de Valenciennes des curiosités très étonnantes, comme cette recherche urgente d’une “fille sage“ à marier à un “homme ayant fait la guerre“, pour faire – à la demande de l’Empereur – coïncider la célébration de cette union avec l’anniversaire du couronnement de Napoléon Ier.

(Archives municipales de Valenciennes)













Séance du 23 novembre 1807

Présents Messieurs

Benoist aîné, Maire Président

Truffaut, Laplace, Caniez, Dinaux, Hamoir aîné, Maurice, Cailliau, Duhuin, Royer, Boulan, Daulmery, Théré, Desars, Bourier, Menu.

« Anniversaire du Couronnement de S.M. L’Empereur ;

Choix d’une Fille à marier. »

 

            Le Conseil Municipal de la Ville de Valenciennes réuni en conformité de l’arrêté de Mr le Général Préfet du 14 de ce mois relatif à la dot à assigner sur les revenus communaux à une fille sage de la commune qui sera mariée à un homme ayant fait la guerre, de déterminer le choix de la fille à marier et les frais de la fête anniversaire du couronnement de Sa Majesté L’Empereur et Roi qui doit être célébrée le dimanche 6 décembre prochain en cette ville.

            Le Conseil vote la somme de six cents francs pour la dot, cent cinquante francs pour le trousseau, lesquels 150 francs seront pris sur celle de douze cents francs que le Conseil vote pour les frais de la dite fête.

            Ces frais sont ceux d’une illumination, bal public, distribution de pain aux pauvres et autres divertissements qui sont à la disposition de Monsieur le Maire.

            Qu’une proclamation sera faite dans le jour pour informer les habitants qu’une fille sage doit être dotée.

            Le Conseil se réunira demain à cinq heures du soir pour entendre le résultat de cette proclamation et prendre une délibération.

 

(suivent les signatures)

 

Séance du 27 novembre 1807

Présents Messieurs

Benoist aîné Maire Président

Truffaut, Royer, Doazan, Cailliau, Duquesne, Hamoir aîné, Desars, Daulmery, Maurice, Laplace, Teinturier, Dubois, Menu, Talon, Boulan, Canier.

« Anniversaire du Couronnement ;

Mariage. »

 

            Il a été donné lecture d’un rapport de Monsieur le Maire dont la teneur suit.

            Messieurs :

            Vous avez connaissance de l’arrêté du Général Préfet du 14 de ce mois, par lequel il est dit que les villes ayant plus de 10,000 francs de revenus doivent marier une fille sage à un militaire ayant fait la guerre, le jour du couronnement de Sa Majesté impériale et de la doter.

            Vous avez voté cette dot et l’embarras était de trouver en un si court espace, une fille qui réunît les qualités exigées et qui fût en même temps aimée d’un militaire ayant fait la guerre.

            Après plusieurs démarches, nous avons enfin réussi à trouver la nommée Marie Anne Philippine Debosse qui, d’après toutes les informations prises, a été reconnue pour une fille tranquille, probe, sage et laborieuse, ce sont les termes du certificat joint du commissaire de police.

            Les informations prises sur le nommé Jean B. Joseph Frelon son prétendu, ne sont pas moins satisfaisantes, ainsi qu’on le voit des attestations des Sieurs L. A. Cuvelier et Pochez, blanchisseurs chez lesquels ledit Frelon a travaillé.

            Il produit en outre un congé de réforme du 94Régiment d’infanterie de ligne délivré à Hannover le 26 Brumaire an 13, par lequel il conte qu’il est entré au service le 18 Nivose an 3 au 62Régiment, qu’il a été incorporé dans la 94demi Brigade le 30 Fructidor an 4 et réformé pour infirmité le 26 Brumaire an 13, qu’il a fait les campagnes des années 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11 et 12 et qu’il a fait partie de l’expédition d’Irlande.

            A ce congé est joint un certificat de son corps, comme il a servi avec honneur et probité pendant tout le temps qu’il a fait partie du 94Régiment. Ce certificat est daté du 25 Brumaire an 13. 

            Un certificat de ses voisins comme il n’a contracté mariage.

            Son acte de naissance du 25 mars 1775.

            Enfin une feuille de route délivrée à Hannover le 25 Brumaire an 13 pour se rendre à Valenciennes.

            D’après toutes les précautions prises, je pense, Messieurs, que votre choix ne peut se reporter sur un couple qui le mérite plus que celui que j’ai l’honneur de vous présenter.

            Mais en vain, Messieurs, aurions-nous atteint le but que le gouvernement se propose, si nous ne pouvions obtenir les dispenses de M. le Procureur impérial près le Tribunal de cette ville, pour la seconde publication, le temps était si court, que cette formalité ne peut être remplie en temps pour que le mariage s’accomplisse le 6 décembre prochain ; je ne doute cependant pas que ce magistrat ne seconde en cela les désirs du gouvernement surtout si vous en émettez le vœu, et qu’il le peut aux termes de l’article 169 du Code Civil.

            Le Conseil a approuvé en tout son contenu et a prié Mr le Maire de solliciter auprès de Mr le Procureur impérial les dispenses nécessaires pour que le mariage puisse avoir lieu le six décembre prochain jour anniversaire du couronnement de notre auguste souverain.

 

(suivent les signatures :)


(Archives municipales de Valenciennes)

 
















J’ai vérifié : le Procureur a donné sa dispense et le mariage a bien eu lieu, le 6 décembre 1807, à Valenciennes. L’acte rédigé commence page 79 du registre, aux Archives du département, et s’étale sur quatre pages au total. Ce mariage est un événement, et toutes les personnalités sont là. Les signatures sont celles de tout le Conseil municipal, venu en troupe à la célébration, derrière ces mots désolants : « Les époux interpellés de signer, ne l’ont pu faire, pour ne savoir écrire. »

 

Je me suis demandé si cette Philippine Debosse n’était pas la première Rosière de Valenciennes, ces jeunes filles modèles de vertu et de probité qui étaient la Miss de leur ville (si je puis dire) durant une année. On trouve en effet, les années suivantes, dans les délibérations du Conseil municipal, des recherches de Rosière, ainsi désignée, et la nomination d’une commission de trois membres à cette intention.

Ce qui est certain, c’est que Napoléon Ier voulait absolument “faire le bonheur“ de son peuple. Il renouvellera, en 1810, l’injonction de célébrer des noces entre “filles sages“ et “militaires qui ont fait la guerre“ le jour de son propre mariage avec Marie-Louise d’Autriche – et cette fois, il en veut dix ! Et Valenciennes en trouvera dix…

mardi 4 avril 2023

Pourquoi ces marches au milieu de la place ?

La place Verte à Valenciennes
(photo personnelle)

 

De toutes les églises qui existaient à Valenciennes avant la Révolution française, il n’en reste pas une seule. Saint-Nicolas ne fait pas exception. Je parle de l’ancienne église qui se trouvait sur la Place Verte, pas de l’actuel Auditorium – qui est aussi une ancienne église Saint-Nicolas mais qui n’a rien à voir.

 

L'église Saint-Nicolas, son cimetière et son presbytère, tout contre le rempart (entre la porte de Mons et la porte Cardon), sur un plan de Valenciennes de 1767 (document personnel)

L'église paroissiale Saint-Nicolas-en-Couture
(image extraite du livre Histoire ecclésiastique de la Ville et comté de Valentienne
de Simon Le Boucq, édité par Prignet en 1844)

Cette église fut d’abord une chapelle située au lieu-dit “La Couture“, hors les murs de la ville. Simon Le Boucq, dans son Histoire ecclésiastique, dit qu’elle fut fondée en l’an 750 par ordonnance de Pépin le Bref. Elle fut confiée aux religieux de Saint-Saulve et pourvue de revenus par des dons de généreux bourgeois. Le Boucq ajoute que « l’hostel et refuge dudict Sainct-Sauve estoit joindant (joignant) ladicte église où en apparence iceulx religieux faisoient leur demeure ». « En 1289, ajoute Philippe Racinet[1], deux des vingt-quatre moines [du prieuré de Saint-Saulve] desservent à Saint-Nicolas de Valenciennes, fait rarissime dans l’ordre de Cluny. »

Vers 1170 le comte Baudouin l’Edifieur élargit les murs de la ville et la chapelle se retrouve à l’intérieur de l’enceinte. Elle est dès lors beaucoup plus facilement fréquentée par la population, ce qui mène à sa “promotion“ en église paroissiale en 1186. Le bâtiment va alors connaître de nombreux développements et agrandissements : les paroissiens, en se cotisant « chacun selon sa qualité et puissance » dit Le Boucq, firent édifier la nef et « ung moyen clochier » qu’on bâtit sur ce qui sera l’emplacement de la chapelle Saint-Victor (je reparlerai plus loin de ces chapelles d’église). Du coup, raconte Le Boucq, le prieur de Saint-Saulve fit construire le chœur. Plus tard fut élevé le grand clocher que les Valenciennois prirent l’habitude de nommer « la Tour Saint-Nicolas ». En 1433, on agrandit encore le chœur, et on bâtit huit chapelles du côté nord. Simon Le Boucq s’enthousiasme : « ceste église est rendue comparable aux plus belles de la ville, voire du Pays-Bas » ! Enfin, en 1625, on procéda à un dernier agrandissement « à main droicte de la nef » et à la pose d’une verrière « audict nouveau ouvrage, avecq les armes de la ville ».

Lorsque nos archéologues municipaux, emmenés à l’époque par Philippe Beaussart, effectuèrent en 1991-93 la fouille complète du site de l’église disparue, ils retrouvèrent les « premières pierres » de cet agrandissement, gravées des noms des échevins de l’époque, « dans le second socle de pilier, au sud de la nef[2] ».

 

(image extraite du livre Les collection d'archéologie régionale
du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes,
1993)


La plus grande pierre (ci-dessus) rend hommage au prévôt Jean Desmaisières, qui succédait cette même année 1625 à Adrien Malapert. Outre les armoiries du noble homme, au centre, figurent à gauche et à droite les symboles de la ville : le cygne et le lion. Les autres échevins bénéficièrent de pierres plus modestes, portant juste le nom de la personne ou, plus simplement encore, le monogramme I.H.S. (Jesus Hominum Salvator, Jésus sauveur des hommes).


(image extraite du livre Valenciennes à coeur ouvert, Musée des Beaux-arts, 1999)


Les archéologues ont retrouvé sur les lieux de nombreux objets, pièces de monnaie, médailles, vaisselle, carreaux vernissés… témoins de la vie quotidienne au fil des siècles :

                       

Carreaux présents dans l'ancienne sacristie

Vaisselle trouvée dans le puisard de la cour de la sacristie

Médaille de pèlerinage représentant Saint Hubert
(toutes ces images extraites du livre Valenciennes à coeur ouvert, op. cit.)


Ils ont surtout exhumé des fragments de sculptures, qui donnent un vrai crédit à l’enthousiasme de Simon Le Boucq devant cette église « la plus belle de la ville ». Ce personnage qui sort de son cercueil après en avoir ôté le couvercle est saisissant :

 


Il appartenait sans doute, disent les archéologues, à un ensemble figurant le Jugement dernier, avec, au sommet du tableau et dans une position centrale, un Christ en majesté sur son trône. Nos experts datent cette pièce du XIIe siècle, et ils estiment que « cet élément figurait vraisemblablement au registre décoratif de la première façade de l’église Saint-Nicolas-de-la-Couture[3]. »

 


Cette autre sculpture, figurant une tête de femme, a été retrouvée réemployée dans une maçonnerie de la sacristie. Elle porte au cou une plaie, du moins une entaille de couleur rougeâtre. Il s’agit peut-être, supposent les archéologues, de la représentation d’une martyre. Elle est difficile à dater parce que « au Moyen-âge comme à l’époque moderne, peu de femmes sont représentées chevelure déliée. » Les experts penchent pour le XVe siècle, à cause du mouvement de la chevelure, de l’œil en amande, de la sensualité des courbes du visage.

 

Avant de se faire fracasser et vandaliser par les « iconoclastes » adeptes de la Réforme dans les années 1560, les représentations des saints et des saintes étaient pléthore dans les églises. Chacun avait sa chapelle, qui lui était dédiée et que les confréries venaient vénérer en grande pompe à une date anniversaire. L’abbé Cappliez a réalisé “l’inventaire“ des métiers et de leurs saints patrons[4], on sait donc qui se rendait à Saint-Nicolas :

les boulangers, pour vénérer Saint Honoré « dans la nef à gauche » ; les meuniers, qui priaient Saint Victor « à côté des boulangers » ; les mulquiniers et plus généralement les métiers du fil, placés sous la protection de Sainte Véronique ; les savetiers qui se rendaient à la chapelle de Saint Crépin ; et les amidonniers, qui étaient protégés par Saint Charles Borromée.

Outre ces corporations de métiers, il existait une Confrérie de Saint-Nicolas, qui se rendait à chaque Saint-Nicolas à la chapelle Saint-Nicolas de l’église Saint-Nicolas, en procession et en grandes pompes. La médiathèque de Valenciennes en a conservé les statuts, un manuscrit daté de la fin du XVe siècle et illustré de miniatures colorées :

 

Les confrères se rendant à l’église Saint-Nicolas en procession, avec les porte-cierges et les musiciens. Ils assisteront là à une messe solennelle en l’honneur de leur saint patron.


Les nouveaux membres, triés sur le volet, doivent prêter serment sur la Bible.

 

Et naturellement, la fête se poursuit par un magnifique banquet !

 

Dans le livre Richesses des anciennes églises de Valenciennes (Musée des Beaux-arts, 1987-88), Marie-Pierre Dion, qui fut Conservatrice de notre bibliothèque municipale, explique mieux que moi – et plus sérieusement – que cette confrérie dite de dévotion était « limitée à cinquante prêtres, clercs portant ou ayant porté tonsure, pouvant attester de leur bonne vie et mœurs. Chaque année, le jour de la Fête-Dieu, le livre des règlements est lu à haute voix avant le repas. » Elle poursuit : « Les membres de la confrérie se rendent à l’église, dans leur chapelle que Simon Le Boucq dit être “fort spacieuse et bien ornée“, afin de préparer la châsse qui doit figurer dans le cortège de Notre-Dame du Saint-Cordon. » Chaque année, dans ce cortège, les confrères de Saint-Nicolas portaient un habit d’une couleur différente : : « vert erbut, sanguin, blancq, gris brun, vermeil, noir et azure ».

 

Les Archives municipales de Valenciennes ont gardé les comptes de l’église, dans lesquels on retrouve mentionnés les musiciens qui y travaillaient : un chantre, un bateleur — qui est un carillonneur des grands jours — un sonneur de cloches pour les jours ordinaires, sans oublier un organiste et son souffleur[5]. Ces musiciens devaient jouer « tous les Dimanches et fêtes de l’année à la grand messe et aux Vêpres le Jeudi Saint, la veille de la Pentecôte à la grand messe seulement et les jours d’adoration d’hiver et d’été, au jour du sacre à la grand messe et aux Vêpres, pour les fêtes des confréries, …, les messes d’ange, les messes à dévotion, des corps de métier et autres, ainsi que les saluts des Samedis, la grand messe de tous les Jeudis, le matin… » indique Philippe Perlot dans la revue Valentiana n° 30.

 

Dessin au lavis d'encre noire de l'orgue de l'église Saint-Nicolas,
conservé aux Archives municipales de Valenciennes
et reproduit dans la revue Valentiana n° 30

En 1988, des élèves du Collège Lavoisier de Saint-Saulve ont indiqué, au fil d’une étude publiée toujours dans la revue Valentiana, mais le n° 2 cette fois (décembre 1988), que notre église Saint-Nicolas possédait à Saint-Saulve, en 1789, 81,5 mencaudées de terres labourables, exploitées quasi en totalité par un fermier local.

L’indispensable Almanach de Valenciennes ne manque pas d’indiquer, aux dernières années de l’Ancien Régime, comment se présente l’Etat ecclésiastique de la ville, en citant les prêtres des différentes églises :



Mais dès 1790, cet Etat ecclésiastique disparaît, les prêtres n’étant plus cités que s’ils font partie d’autres instances. Ainsi le curé de Saint-Nicolas, “Monsieur“ Lallemant, siège-t-il en 1790 au Grand conseil de Valenciennes, dans son 24quartier :

 

Almanach de 1790
(Bibliothèque municipale de Valenciennes)

Avec la Révolution française, sonne aussi l’heure de la disparition de l’église. On connaît les péripéties de cette période troublée, notamment à Valenciennes qui connut en 1793, non pas la Terreur comme le reste de la France, mais l’interminable siège[6] puis l’occupation des “alliés“ de la monarchie – armées anglaises, autrichiennes, prussiennes. Dans le livre La défense nationale dans le Nord de 1792 à 1802, publié en 1880 par Paul Foucart et Jules Finot, on peut suivre quasi heure par heure les épisodes de ce siège qui fit tant souffrir la population valenciennoise. On lit ainsi (tome 1 page 505) que la tour de l’église Saint-Nicolas avait été transformée en observatoire et que s’y trouvait un guetteur : « Jean-Baptiste Louain, placé dans une petite guérite en bois bâtie au haut du clocher, plat comme le toit d’une maison, jetait avec exactitude d’heure en heure des bulletins qui informaient le Général Ferrand (qui dirigeait la défense de la ville) de tous les mouvements des Autrichiens. » L’auteur ajoute que Ferrand « montait très souvent dans ce clocher avec les Généraux Tholose et Dembarrère, pour y voir par ses propres yeux [les mouvements de l’armée ennemie] et faire armer en conséquence les batteries les plus propres à opposer de la résistance. » Bien entendu, le duc d’York, à la tête des assiégeants, « qui n’ignorait pas que du haut de cette tour on découvrait, même au clair de lune, toute l’étendue de ses tranchées », n’a qu’un objectif : détruire le clocher de Saint-Nicolas. Il y parviendra, à force de bombardements à boulets rouges, durant la nuit du 18 juin 1793. Les témoins racontent : « Le clocher vomissait des torrents de fumée, au travers desquels s’élevaient des flammes tournoyant comme des serpents ; les ouvrages de l’ennemi étaient éclairés de manière qu’on les voyait mieux qu’en plein jour. Les cloches, dépourvues de soutien, tombaient sur les voûtes et les écrasaient avec un fracas épouvantable.[7] »

Le peintre Adrien Coliez, né et mort à Valenciennes (1734-1824), a assisté à la catastrophe. Il en a réalisé une toile restée célèbre, qui montre la tour jetant des flammes par ses fenêtres et dominant encore l’église embrasée dont le toit vient de s’effondrer. « Pour tout secours, indique Paul Foucart, un baquet d’eau posé sur une poussette à deux roues vient d’être péniblement amené par un homme qui, agenouillé, prépare un seau de cuir. »

 

L'incendie de la tour de l'église Saint-Nicolas, par Adrien Coliez, 1798.
Musée des Beaux-arts de Valenciennes (image extraite du site Musenor)

Autre témoin de la catastrophe, cette toile de la Tate Gallery à Londres, signée de P.J. de Loutherbourg. Elle est intitulée (en anglais) « Le grand siège de Valenciennes par les armées coalisées sous le commandement de son altesse royale le duc d’York. » Paul Foucart donne ici encore ses commentaires : « A droite, le duc d’York, à cheval, donne des ordres. A gauche, s’écroule une maison devant laquelle, dans un chemin creux, des artilleurs poussent des bouches à feu et des caissons. Au premier plan sont assis trois soldats anglais, dont l’un fume. Au fond s’étend la ville, dont les murailles sont dominées par la tour incendiée de Saint-Nicolas.[8] »

 

(image extraite du site tate.org.uk)


 







Depuis ce triste événement, l’église Saint-Nicolas-en-Couture n’existe plus que dans les 

archives. En 1856 par exemple, L’Echo de la Frontièreraconte la découverte « dans l’ancienne sacristie de l’église Saint-Géry actuellement en démolition », de tout un tas de papiers, titres de propriétés, comptes de fabrique, donations et concessions en tout genre, dont aucun ne remonte au-delà du XIVe siècle mais qui concernent notamment les anciennes églises de Saint-Nicolas, Notre-Dame de la Chaussée, Saint-Jacques et le Béguinage. « On sait que la vieille église Saint-Nicolas, explique le journal, bâtie sur la place Verte, ayant été incendiée pendant le siège de Valenciennes, des papiers faisant partie des archives de cette église furent transportés dans celle des Récollets qui, en 93, avait été transformée en magasin d’artillerie. » Et il ajoute : « Un des premiers documents qui ont été trouvés, c’est un acte fort curieux passé entre le sieur Oultremann et notre célèbre sculpteur Pater, au sujet de stalles à sculpter pour l’église Saint-Nicolas. Cet acte, intéressant pour notre histoire, est signé par l’artiste ; c’est la seule signature qu’on ait de lui[9]. »

 

L’Almanach de Valenciennes de 1877, en conclusion de quelques anecdotes rassemblées autour de ces lieux, indique que « les ruines [de l’église] jonchèrent pendant huit ans le quartier de la place Verte. Enfin, en 1802, l’administration municipale décida que la place Saint-Nicolasserait nivelée et entourée d’une double allée de tilleuls[10]. »

En réalité, ce n’en était pas fini des décisions en aller-retour qu’allait connaître notre actuel parking du musée. Mais c’est une autre histoire…



[1] Philippe Racinet, Saint-Saulve de Valenciennes. Un monastère clunisien du Nord dans la revue Valentiana n° 6, décembre 1990.

[2] Voir Valenciennes à cœur ouvert, dix ans d’archéologie urbaine (1989-1999), Musée des Beaux-arts de Valenciennes.

[3] Voir Valenciennes à cœur ouvert, op. cit.

[4] Histoire des métiers de Valenciennes et de leurs saints patrons, par l’Abbé Charles Cappliez, 1893.

[5] Voir à ce sujet ces deux excellents articles : Le Hainaut et la musique de la Renaissance ; Valenciennes par Fabien Guilloux, 2021 ; Orgue et organistes à l’église Saint-Nicolas, par Philippe Perlot in revue Valentiana n° 30, décembre 2002.

Et qu’est-ce qu’un souffleur d’orgue ? La réponse de France-Musique : Le souffleur d’orgue a longtemps été indispensable à l’organiste pour actionner la mécanique de la soufflerie et faire sonner l’instrument. Pendant que l’organiste improvisait fugues et passacailles au clavier, un ou plusieurs souffleurs transpiraient en actionnant, au bras ou au pied, la pompe des soufflets mécaniques, dans l’ombre, incognito.

[6] Voir dans ce blog mon article « Où se trouve l’hôpital dont les artistes font aujourd’hui le siège ? », publié en février 2023.

[7] La défense nationale dans le nord, op. cit., tome 1 page 522.

[8] La défense nationale dans le nord, op. cit. (tome 1 page 594).

[9] L’Echo de la Frontière, 29 juin 1856. Bibliothèque municipale de Valenciennes.

[10] Almanach de Valenciennes et de son arrondissement, 1877, Lemaître Libraire, pages 89 et suivantes.